|
30
ans de Charte de la langue française : le bilan
Le
vendredi 24 août 2007
Le Québec célèbre cette semaine le 30e anniversaire de l'adoption
de la Charte de la langue française.
Bien des progrès ont été accomplis depuis l'adoption de la Charte de la
langue française, mais la situation actuelle, qui ne cesse de se détériorer,
nous oblige à exiger du gouvernement du Québec l'adoption d'une « Loi 101
plus, plus », d'une Charte de la langue française améliorée.
- 30 ans plus tard, un nombre croissant d'entreprises refusent de respecter le
contexte culturel du Québec en imposant des noms d'entreprise en anglais : Toys
R Us, Payless Shoe Store, Future Shop, Wall Mart, Best Buy, Canadian Tire,
Burger King, Colour Your World, etc. Un grand nombre de ces noms
d'entreprises s'apparentent plus à des slogans publicitaires!
- 30 ans plus tard ! « le recensement de 2001 démontre que l'usage du français
au travail ne s'est pas encore généralisé : dans la région métropolitaine
de Montréal, le pourcentage d'allophones qui travaillent surtout en français
n'est que de 45 % ». (Étude du CSLF)
- 30 ans plus tard, la langue anglaise domine toujours ! « Au recensement de
2001, les allophones francisés, 124 173 personnes, ne représentent que 46 % de
l'ensemble des allophones assimilés. La langue anglaise, elle, assimile 147 695
allophones, soit 54 %. En fonction du poids relatif des deux communautés 68,1
%, la population de langue maternelle française, attire 46 % des allophones,
tandis que 8,3 %, la population de langue maternelle anglaise, réussit à
coopter 54 % de la population allophone. » (Études d'Impératif français)
- 30 ans plus tard, la proportion d'élèves québécois recevant un
enseignement en anglais augmente. De 2000 à 2004, le pourcentage est passé de
10,6 % à 11,2 %, alors que le pourcentage d'élèves de langue maternelle
anglaise en 2004 n'était que de 8,55 %. Cette hausse s'expliquerait en partie
par l'augmentation des élèves de langue maternelle française qui reçoivent
leur enseignement en anglais. Le CSLF nous apprend que plus de 2,4 % des élèves
de langue maternelle française fréquentent le réseau anglais : « le
pourcentage de francophones inscrits au réseau anglais a augmenté de 0,4 %,
atteignant 2,4 % en 2004... » En 2004, 21,1 % des élèves de langue maternelle
« autres » étaient inscrits dans le réseau anglais et cela, malgré la
Charte de la langue française. (Études du CSLF)
- 30 ans plus tard, le pourcentage de Québécois et Québécoises qui reçoivent
leur enseignement en français au Québec diminue année après année. De
1993-1994 à 2003-2004, l'effectif francophone est passé de 90,1 % à 88,6 % de
l'effectif total, tandis que l'effectif anglophone augmentait de 9,7 % à 11,2
%. En 2003-2004, 976 633 élèves fréquentaient le système francophone, soit
une baisse de 51 378 élèves (5 %) par rapport à 1993-1994. Le système
anglophone accueillait en 2003-2004 122 888 élèves, soit 12 275 élèves de
plus (11,2 %) qu'en 1993-1994.
- 30 ans plus tard, le nombre d'élèves fréquentant des écoles anglaises privées
et non subventionnées sans détenir de certificat d'admissibilité à
l'enseignement en anglais n'a cessé d'augmenter. De 1993-1994 à 2003-2004, ce
nombre a presque doublé, passant de 1330 à 2570 élèves. En 1993-1994, ces élèves,
qui auraient normalement dû fréquenter l'école française, représentaient 56
% de l'effectif des écoles privées anglaises non subventionnées. Dix ans plus
tard, ils représentaient 68,4 % de l'effectif de ces écoles. Ces 2570 élèves
équivalent à 21 % de l'augmentation de l'effectif scolaire total du secteur
anglais de 1993-1994 à 2003-2004.
- 30 ans plus tard, près de 50 % des étudiants fréquentant les cégeps
anglophones sont soit francophones ou allophones.
- 30 ans plus tard, malgré la Charte, la Politique linguistique gouvernementale
et son aide-mémoire pourtant très claires - « L'Administration favorise
l'unilinguisme français dans ses activités afin de refléter le fait que le
français est à la fois la langue officielle et la langue normale et habituelle
de la vie publique » -, le gouvernement du Québec adopte lui-même des
pratiques humiliantes, infériorisantes et banalisantes à l'endroit des Québécois.
Par exemple, un grand nombre de messages d'accueil des boîtes vocales
gouvernementales offrent en premier l'accès au message en anglais avant que le
message en français n'ait été entièrement entendu. Une telle pratique
n'existe nulle part ailleurs dans le monde !
- 30 ans plus tard, l'anglais demeure très souvent la langue de travail au Québec.
Ces pratiques d'exclusion ou de discrimination privent de nombreux Québécois(es)
de leur droit de travailler et de travailler en français. Un très grand nombre
d'offres d'emploi exigent la connaissance de l'anglais, alors que le Charte
affirme pourtant clairement que « que les travailleurs ont le droit
d'exercer leurs activités en français. »
- 30 ans plus tard, les unilingues anglophones du Québec ont toujours des
revenus supérieurs aux unilingues francophones, soit 34 097 $ contre 29 665 $
pour les hommes et 23 002 $ contre 20 786 $ pour les femmes. (C.D. Howe)
- 30 ans plus tard, les allophones parlant anglais ont eux aussi toujours des
revenus supérieurs aux allophones parlant français, soit 27 216 $ contre 22
233 $ pour les hommes et 18 996 $ contre 15 551 $ pour les femmes. (C.D. Howe)
Une Charte de la langue française améliorée et appliquée s'impose !
Grande
marche et rassemblement
Impératif
français vous invite à participer nombreux à l'occasion du 30e anniversaire
de l'adoption de la Charte de la langue française à la marche et au
rassemblement (voir ci-dessous) organisés par le Mouvement Montréal français
le dimanche 26 août afin de réclamer du gouvernement du Québec le
renforcement et l'application plus rigoureuse de la Charte de la langue française.
Jean-Paul
Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
Tél. : 819 684-8460
Imperatif@imperatif-francais.org
http://www.imperatif-francais.org
Invitation
au rassemblement et à la marche organisés par le Mouvement Montréal français
à l'occasion du 30e anniversaire de la « loi 101 » le dimanche 26
août.
Départ
à 13 h devant la station de métro Mont-Royal à Montréal
Grande
marche sur Saint-Denis et Sherbrooke, qui se terminera par un rassemblement au
parc adjacent à l'Office québécois de la langue française (rue Sherbrooke,
près de Saint-Urbain) où il y aura discours et musique.
Ont
confirmé leur présence jusqu'à maintenant :
Christopher
Hall (humoriste), Jean-Claude Germain (auteur et metteur en scène), Marcel
Tessier (historien), Francine Castonguay-Laurin (veuve de Camille Laurin),
Claudette Carbonneau (présidente de la CSN), Réjean Parent (président de la
CSQ), Maria Mourani (députée fédérale d'Ahuntsic), Gilles Duceppe (chef du
Bloc Québécois), Jean Dorion (président de la SSJBM), Jean-Paul Perreault (président
d'Impératif français), Mario Beaulieu (président du Mouvement Montréal français)
Le
Mouvement Montréal français lance un appel à la mobilisation !
Rendez-vous
sous la bannière du MMF à la sortie du métro Mont-Royal à 13 h
Nous
célébrons :
- l'adoption de la Charte de la langue française (loi 101) le 26 août 1977
- les progrès effectués dans l'exercice de notre droit de vivre et de
travailler en français
Nous
constatons que :
- le français n'est pas la langue publique commune à Montréal et dans les
autres régions multilingues
- l'avenir du français au Québec est donc toujours menacé
Nous
dénonçons :
- plus de 200 amendements à la Charte
- l'anglicisation des institutions, des milieux de travail, des services
publics, des cégeps et des universités
Nous
revendiquons :
- l'application rigoureuse de la Charte et son renforcement
Source:
Jean-Paul
Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
C.P. 449, succ. Aylmer
Gatineau (Québec)
J9H 5E7
Tél. : 819 684-8460
Téléc. : 819 684-5902
Imperatif@imperatif-francais.org
http://www.imperatif-francais.org
|