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Pierre Gaultier de Varennes, Sieur de La Vérendrye    (1685-1749)    

 

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La Vérendrye au lac des BOIS

  La Vérendrye au lac des BOIS

 

En 1661, en France, Louis XIV avait pris le pouvoir absolu et deux ans plus tard il avait décidé que la couronne administrerait dorénavant la colonie de la Nouvelle-France. Puisqu'il devait assurer la sécurité de la colonie (contre les attaques des Iroquois et des Anglais de Nouvelle-Angleterre), Louis XIV avait nommé, en 1665, Jean Talon comme nouvel intendant de la Nouvelle-France. Il avait aussi envoyé 1200 soldats du régiment Carignan-Salières au Québec. Ces soldats représentaient le tiers de la population de la Nouvelle-France, car après 60 ans d'existence, le nombre d'habitants était de 2500 personnes. Le lieutenant René Gaultier de Varennes, arrive au Canada  avec la compagnie de Loubias du régiment de Carignan-Salières. Cantonné à Trois-Rivières, ville gouvernée par Pierre Boucher, il participe aux campagnes militaires contre les Iroquois. Durant 1667et 1668, le régiment est licencié et 400 soldats et officiers s'engagent à demeurer au pays dont René Gaultier. Il se lie d'amitié avec le gouverneur, de Trois-Rivières et, en 1667, il épouse sa fille âgée de douze ans. Le gouverneur accorde 7000 livres en dot et confie à son gendre un tiers de sa seigneurie des Îles-Percées (plus tard Boucherville). En 1668, René Gaultier de Varennes remplace son beau-père comme gouverneur de Trois-Rivières et il acquiert les seigneuries et les titres - de Varennes et de La Vérendrye.  Il devient ensuite gouverneur de Trois-Rivières en mars 1668, en accord avec le gouverneur-général Courcelles.  Des noces, Marie-Ursule Boucher et René Gaultier de Varennes ont eut treize enfants, mais seulement huit (quatre garçons et quatre filles) ont atteint l'âge adulte. 

Pierre Gaultier de Varennes, Sieur de La Vérendrye naît à Trois-Rivières le 17 novembre 1685 ; il est le cadet de la famille.  Avec ses frères et soeurs, il vit dans la seigneurie de son grand-père maternel. René Gaultier décède le 4 juin 1689. Pierre est éduqué par sa mère, puis au petit séminaire de Québec en 1699.  Les coureurs de bois qui visitent la seigneurie racontent leurs histoires d'aventure. Écoutant ces histoires, La Vérendrye rêve à ces exploits. Il songe à devenir un explorateur et à découvrir la route maritime occidentale vers la Chine. Il commence sa vie de soldat à 12 ans comme cadet à l'académie navale. Il apprend les manoeuvres militaires, les techniques de survie en forêt, comment dessiner une carte, comment garder un journal et les premiers soins. En 1704, il fait sa première campagne sous la direction d'Hertel de Rouville. Il en fait d'autres avec Monsieur de Subercase en Terre-Neuve qui voit l'élimination des établissements anglais de ces côtes. Il combat vaillement, car dès 1706, il est nommé enseigne en second. Il s'enrôle avec les troupes coloniales à l'âge de 20 ans et part pour la France en 1707. Il entre dans le régiment de Bretagne. Durant la Guerre de Succession d'Espagne, il sert dans les Flandres, est blessé et est fait prisonnier lors de la bataille de Malpaquet en 1709. Il obtient le grade de lieutenant. À la mort de son frère Louis, sous-lieutenant au même régiment, Pierre adopte le surnom que portait le défunt : La Vérendrye. L'autorisation de revenir en Nouvelle-France lui est accordée le 24 mai 1712. À l'automne, il épouse Marie-Anne Dandonneau du Sablé, la fiancée qui l'attend depuis cinq ans. C'est une des filles du Seigneur Louis Dandonneau (militaire) de l'Île Dupas. Elle amène à l'union 2000 livres, une terre qui consiste en la moitié de l'Île aux Vaches, plusieurs autres terres de plusieurs arpents. Dans peu de temps, ils  sont les parents de quatre fils et de deux filles. Pendant 14 ans, La Vérendrye pratique la culture de la terre, l'élevage et remplit ses fonctions militaires.

En 1715, il obtient la permission d'établir un comptoir de traite à la seigneurie familiale de La Gabelle pour traiter avec les Sauvages. Il se détourne d'une existence jusqu'alors sédentaire pour entrer dans la société de traite des fourrures formée par son frère Jacques-René, commandant du Poste du Nord, dans la région du lac Supérieur. Il rejoint son frère et accepte le poste de commandant en second puis de commandant, en 1728. La Vérendrye s'engage bientôt à fond dans la traite des fourrures, apprenant tout ce qu'il peut des marchands indigènes. Il est intrigué par leurs histoires d'une mer de l'Ouest et d'aborigènes habitant de vraies maisons et non dans des tentes; ces Indiens vivraient de la terre plutôt que de la chasse. Ses rêves d'exploration ont repris de la force. Ces deux années passées dans les postes du nord des Grands Lacs donnent à Pierre Gaultier de La Vérendrye la certitude que la découverte de l'océan Pacifique passe par l'exploration du lac Ouinipigon (Winnipeg) et du « grand fleuve de l'Ouest ». En 1729, il s'adresse à Charles de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle-France, dans le but de partir vers l'Ouest en mission officielle; il lui demande de l'aide financière pour monter une expédition. Cette requête est basée sur les informations de ses amis indigènes. Rassurant, il sait déjà comment s'y rendre et il dispose d'un guide éclairé : « j'ay eu soin aussy de m'assurer d'un Sauvage capable d'y conduire un convoy, en cas que sous le bon plaisir de Sa Majesté vous vouliés bien m'honôrer de vos ordres pour en faire la découverte. » Il plaide lui-même sa cause à Québec. Le gouverneur et l'intendant Gilles Hocquart soutiennent son projet comme s'il était le leur. Ils le défendent auprès du ministre des Colonies en insistant sur le fait que la présence des Français dans l'Ouest enrichira la Nouvelle-France tout en nuisant au commerce des Anglais de la baie d'Hudson. Mais le gouvernement de la France refuse de payer pour cette entreprise. En échange, La Vérendrye reçoit les droits de monopole sur les fourrures échangées. Pour être en mesure de repayer ses dettes, La Vérendrye veut ériger des forts de traite de fourrure le long de sa route d'exploration. Il doit emprunter de l'argent pour acheter des provisions et de la marchandise de troc. Il est prêt à quitter Montréal en juin 1731, accompagné de trois de ses fils, Jean-Baptiste, Pierre et François, ainsi que de son neveu et d'une cinquantaine d'engagés. Avant décembre, le fort Saint-Pierre est déjà construit. L'expédition passe l'hiver à Kaministikwia (Fort William) sur le lac Supérieur. 

À la fin du mois d'août, le groupe a dépassé Michillimakinac et le lac Supérieur. Malgré la défection de plusieurs engagés, une partie de l'expédition, dirigée par le fils et le neveu de La Vérendrye, prend la direction du lac à la Pluie. Avant l'hiver, le fort Saint-Pierre est déjà construit. Au début de l'été 1732, ils sont au lac des Bois, où le fort Saint-Charles est érigé. L'année suivante, un poste secondaire est établi sur la Rivière-Rouge. Au mois de mai 1734, alors que La Vérendrye est en route pour Montréal, il fait marcher des expéditionnaires vers le lac Winnipeg où ils s'attaquent à la construction du fort Maurepas, du nom du ministre des colonies. 

En 1734, il revient à Montréal payer ses créanciers, puis retourne rapidement dans l'Ouest. Cette fois-ci pourtant, le malheur semble le poursuivre. Son neveu tombe soudainement malade et meurt. Son fils Jean-Baptiste ainsi que le jésuite Jean-Pierre Aulneau et 19 compagnons sont assassinés au lac des Bois par un groupe de Sioux sur le sentier de la guerre. Malgré ces tragédies, La Vérendrye et ses fils survivants continuent vers l'ouest en 1738. Le 28 septembre 1738, il atteint l'embouchure de la rivière Assiniboine. Le fort La Reine (Portage-la-Prairie, au Manitoba) est érigé le long de la rivière Assiniboine et le fort Rouge sur l'emplacement où se trouve Winnipeg aujourd'hui. Se tournant vers le sud, vers la terre des Mandans sur le fleuve Missouri, le 3 décembre 1738, il pénètre sur le territoire de l'actuel Dakota du Nord. Il est déçu de ne pas trouver la voie par eau vers la mer de l'Ouest. Il retourne au fort Rouge et continue au fort La Reine pour y passer l'hiver. À la fin de l'hivernement, La Vérendrye rentre à Montréal. Pendant ce temps, ses fils explorent une partie de la rivière Saskatchewan et les lacs Manitoba, Winnipegosis, Bourbon et Dauphin. Après son retour, à l'automne de 1741, La Vérendrye planifie la construction de forts sur les lacs Bourbon et Dauphin. 

 

Les frères La Vérendrye face aux  Montagnes rocheuses de l'Ouest américain

Les frères La Vérendrye face aux Montagnes rocheuses de l'Ouest américain

 

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Au printemps de 1742, Pierre, le fils de La Vérendrye se dirige vers le nord pour établir le fort Dauphin sur le lac Manitoba et le fort Bourbon à la pointe nord du lac Winnipeg. Le 9 avril 1742, les deux autres fils de La Vérendrye, Louis-Joseph et François quittent le fort La Reine avec la mission d'aller aussi loin que possible vers l'ouest. Ils se dirigent dans une direction sud-ouest. Le 1er janvier 1743, ils remontent le Haut Missouri jusqu'à la rivière Yellowstone. Un écran de pierre leur barre la route et la vue sur l'Ouest. Ils sont au pied des montagnes Rocheuses, dans la partie occidentale du Wyoming. Les garçons sont certains que, s'ils traversent ces montagnes, ils verront la mer. Malheureusement, leurs guides aborigènes refusent de poursuivre leur chemin, disant qu'il est dangereux de continuer dans les territoires de leurs ennemis. Déçus, les frères La Vérendrye rebroussent chemin.

Le père et ses fils retournent à Montréal en 1744. La reconnaissance pour leur contribution à l'exploration de la Nouvelle-France ne vint que cinq ans plus tard. Le roi de France les honore en accordant au père la Croix de Saint-Louis, la distinction la plus prestigieuse de l'époque, ainsi qu'une seigneurie pour lui et sa famille. 

Pierre Gaultier de La Vérendrye est promu capitaine pour ses services. Il est à préparer une expédition sur la rivière Saskatchewan quand il décède à Montréal, le 5 décembre 1749. Il a 64 ans. 

La famille La Vérendrye

1. Jean-Baptiste est né le 18 août 1713. Il devient cadet dans les troupes de la marine en 1731. À 17 ans, il part pour l'Ouest avec son père. Il a la facilité des langues indiennes et est très aimé par les alliés indiens. Le 6 juin 1736, il meurt tragiquement, massacré par les Sioux, avec le père Aulneau et 19 autres français. Il fut enseveli dans la chapelle du Fort Saint-Charles au Lac des Bois.

 2. Pierre est né le 1er décembre 1714. Cadet en 1728, il tient garnison à Montréal pendant 2 ans avant de partir pour l'Ouest à l'âge de 16 ans. Il est de service dans l'Ouest jusqu'en 1745. De 1745 à 1747 et de 1750 à 1755, il sert comme soldat et prend part à plusieurs opérations militaires en Nouvelle-Angleterre et en Acadie. Il meurt en 1755.  

3. François est né le 29 septembre 1715. À 15 ans et demi, il quitte Québec pour rejoindre son père dans l'ouest et l'accompagne dans le pays Mandan en 1738-1739. En 1742, il accompagne son frère Louis-Joseph pour atteindre les Montagnes Rocheuses. Il retourne vers l'Ouest en 1748, rejoint les troupes coloniales avec le grade d'enseigne et sert pendant la guerre de sept ans. Après la conquête de Québec, il demeure au Canada et finit ses jours avec le titre de seigneur du Tremblay. Il meurt à Montréal en 1794, à l'âge de 79 ans. 

4. Louis-Joseph est né le 9 novembre 1717. Appelé plus communément Joseph ou le Chevalier, il est le dernier fils de l'explorateur. Il prend part aux découvertes mais plus tardivement, à cause de son âge. Son père l'envoya à Québec apprendre les mathématiques et la cartographie. Il part pour l'Ouest en 1735 pour y passer une quinzaine d'années. Nommé lieutenant en 1757, il commande dans l'Ouest, dans la région du lac Supérieur et du lac Champlain à la guerre de la Conquête. En 1761, il s'embarque pour la France, avec un grand nombre de membres de la noblesse de la Nouvelle-France. Il périt avec 113 passagers dans le naufrage du navire l'Auguste, sur la côte nord du Cap-Breton.  

5. Marie-Anne est née le 12 juin 1721. Elle est mise en pension chez les Ursulines. Le 8 mai 1733, elle fut emportée par la petit vérole qui décima la colonie de 1732 à 1734. 

6. Marie-Catherine est baptisée le 26 mai 1724. À la mort de sa mère en 1739, elle habita chez sa cousine. Elle maria Jean Le Ber de Senneville le 25 juin 1743. Ils périrent aussi tous les deux dans le naufrage de l'Auguste avec deux de leurs enfants. 

La Vérendrye et ses fils sont allés plus loin vers l'ouest que les autres explorateurs de leur temps. Il ont établi des forts, permettant le commerce des fourrures jusqu'à la rivière Saskatchewan. Les aborigènes, avec des fourrures à échanger, pouvaient facilement se rendre à ces forts éloignés. Un grand centre de commerce a été établi à Kaministikwia (Fort William) afin de ravitailler en provisions et en marchandises l'ensemble du réseau. C'est ici que le canot du maître rencontrait le canot du nord pour un échange facile et efficace de cargaison.

Avec courage et détermination, les La Vérendrye ont ouvert la route de l'Ouest; ils ont étendu la présence française jusqu'aux Rocheuses.

 


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