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Trois ans après avoir été menacé de fermeture, l'hôpital Montfort
parle maintenant d'agrandissement. Seul hôpital d’enseignement francophone en Ontario, Montfort a reçu le feu vert pour débuter la construction d’une unité de soins de longue durée, un projet qui permettra l’ouverture de 128 lits et la création de 140 emplois. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario a en effet retenu la soumission faite par l’hôpital Montfort, il y a quelques mois, un investissement de 14,5 millions $ qui nécessitera un budget de fonctionnement de 7 millions $ annuellement. «C’est extrêmement excitant !» a lancé la présidente de S.O.S. Montfort, Gisèle Lalonde. «Ça démontre que lorsqu’une communauté se tient debout, elle peut se faire entendre par un gouvernement qui a trop souvent fait la sourde oreille. C’est avec de tels projets qu’on devient davantage des citoyens de première classe.» «C’est incroyable !» a renchéri Michel Gratton, porte-parole de la Fondation de l’hôpital Montfort. «Il y a trois ans, le gouvernement de l’Ontario voulait nous voir disparaître et aujourd’hui, on parle d’agrandissement. L’impression qui s’en dégage, c’est que Montfort ne fermera jamais.» Tout sourire, hier après-midi, le président-directeur général de l’hôpital Montfort, Gérald Savoie, a présenté aux médias et au personnel hospitalier les maquettes du projet. «Les nouveaux bâtiments de deux étages, qui s’élèveront sur les terrains situés au nord, sont conçus pour recréer une atmosphère conviviale, qui permettra aux résidents de se sentir chez eux», a-t-il expliqué. Le concept inspirant la création d’un tel milieu est d’ailleurs surnommé Keep it normal par la firme Central Park Lodges, responsable du projet. La première pelletée de terre devrait se faire dans les prochaines semaines. La construction, pour sa part, devrait s’échelonner sur un an et demi. En retour, l’hôpital a accepté la demande du ministère d’ouvrir, sur un base temporaire, 37 autres lits de longue durée au sein de son édifice principal. «Ces lits, ouverts pour au moins 18 mois, seront prêts à accueillir la clientèle le plus tôt possible, dès que les espaces seront réaménagés», a fait savoir M. Savoie. Malgré cette annonce, le gouvernement ontarien ne range pas pour autant l’épée de Damoclès qui menace l’hôpital Montfort depuis près de trois ans. On se rappellera qu’en février 1997, la Commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario (CRSSO) avait annoncé la fermeture de l’hôpital Montfort. Devant le soulèvement de la communauté franco-ontarienne, la CRSSO avait renversé sa décision, en août 1997, proposant plutôt d’enlever à Montfort son urgence et la plupart de ses services spécialisés. En novembre dernier, la Cour divisionnaire de l’Ontario annulait les directives de la CRSSO, affirmant que Montfort bénéficie d’une protection constitutionnelle. Deux semaines plus tard, le gouvernement de l’Ontario portait le jugement en appel. Dans ce contexte, la direction de l’hôpital Montfort avoue se poser des questions quant aux intentions d’un gouvernement qui donne d’un côté et tente de reprendre de l’autre. «La coïncidence est frappante», a concédé Gérald Savoie. «On se pose bien des questions. Mais on ne va certainement pas dire non à des projets qui nous aident à nous tenir debout.» «Je ne me risquerai pas à lire entre les lignes», a ajouté Gisèle Lalonde. «C’est important de se battre en cour pour l’avenir de notre hôpital. Mais ça ne nous empêche pas de prendre ce qui passe et de dire merci. L’un n’empêche pas l’autre.» Un fois la construction terminée, le nombre de lits à l’hôpital Montfort passera de 252 à 380, sans compter les 37 lits de longue durée ouverts temporairement. |