Les Métis Les Métis sont les descendants de coureurs de bois et voyageurs canadiens-français et de mères indiennes. Ce sont de grands chasseurs de bisons dans les plaines. Leur mode de vie se trouve compromis par l'arrivée de Canadiens de langue anglaise venus de l'Est. À cette époque, la Compagnie de la Baie d'Hudson a le monopole du commerce des fourrures dans la Terre de Rupert. Mais les Métis ne se sont jamais gênés pour vendre des fourrures à d'autres compagnies. Avant 1821, il y avait une forte concurrence entre la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d'Hudson. Après la fusion des deux compagnies en 1821, les Métis ont continué à vendre des fourrures à qui voulait bien les acheter, surtout des commerçants étatsuniens. Dès 1844, la Compagnie de la Baie d'Hudson avait essayé d'imposer son monopole sur les Métis, sans trop de succès. Vers 1860, ils forment un peuple distinct, uni par la langue française et la religion catholique. Les parents de Louis Riel Louis Riel Louis «David» Riel est né à Saint-Boniface, Terre de Rupert, dans la colonie de la rivière Rouge, en 1844, le fils d'un éminent chef métis, Louis Riel père, et d'une mère canadienne-française, Julie Lagimodière. Il fut l'un des jeunes Métis choisis par Mgr Taché pour aller faire des études classiques au Québec. Après avoir étudier le droit à Montréal, il retourne dans sa patrie à 24 ans, au moment où le Canada s'apprête à acheter de la Hudson's Bay Company un vaste territoire appelé la Terre de Rupert. Création du Manitoba Le gouvernement canadien envoie des arpenteurs à la Rivière-Rouge en 1869 pour préparer la venue des colons. Les arpenteurs doivent diviser le territoire en townships ou en cantons de forme carré. Par contre, les Métis sont déjà installés sur des terres le long des rivières Seine, Rouge, Assiniboine et Sale. Ils ont emprunté le système du Québec, celui des lots de rivière. Chaque lot donne accès à la rivière pour permettre le transport en canot et pour avoir un approvisionnement d'eau à boire. Ce système de lots de rivière est celui que Louis Riel a connu dans sa jeunesse à la Rivière-Rouge. C'est celui que les Métis utilisent toujours en 1869. Les arpenteurs du gouvernement canadien ne se préoccupent pas du fait que des Métis sont déjà établis sur les terres et qu'ils ont déjà divisé le terrain à leur façon. Ils se présentent sur leurs fermes et leur annoncent qu'ils vont arpenter le terrain selon le nouveau système des sections carrées. Les Métis craignent de perdre la maîtrise de leur propre pays. Après un premier séjour au États-Unis, Louis Riel est de retour à Saint-Boniface en 1869 et il est nommé président du Conseil provisoire de la Rivière-Rouge. Le 11 octobre 1869, un groupe d'arpenteurs arrive à la ferme d'André Nault, un cousin de Riel. Nault proteste, mais les arpenteurs ne veulent rien savoir. Le jeune Métis va donc chercher ses voisins. Dix-huit Métis viennent à son secours, y compris Riel. Les arpenteurs ne sont pas prêts à l'écouter. Ils veulent continuer leurs travaux, mais les Métis posent le pied sur leurs chaînes. Finalement, ces derniers décident de retourner au Fort Garry. Les Métis français, menés par Louis Riel, ont montré qu'ils pouvaient résister à la Hudson's Bay Company et au gouvernement du Canada. La colonie ne serait pas cédée sans que l'on consulte les Métis. Ottawa nomme un lieutenant-gouverneur pour le nouveau territoire. Il s'agit de William McDougall, un Ontarien qui décide de se rendre à la Rivière-Rouge afin d'être sur place lorsque le territoire sera cédé au Canada. Il voyage par train jusqu'à Saint-Paul au Minnesota, pour ensuite se rendre à Pembina. Là, un groupe de Métis l'attend et il est forcé de retourner aux États-Unis en novembre 1869. Riel a réuni d'autres Métis autour de lui pour empêcher les représentants du Canada de pénétrer dans leurs terres. Ils ont mis sur pied un gouvernement provisoire pour négocier avec le gouvernement canadien. Leurs actions, connues comme la rébellion de la rivière Rouge, ont mené à la constitution de la province du Manitoba en 1870. Louis Riel force Ottawa à reconnaître le Manitoba comme la cinquième province canadienne, mais en 1875, il est exilé pour cinq ans. Il n'y avait pratiquement pas eu de sang versé au cours de la rébellion, mais les Métis avaient exécuté un prisonnier fanatisé du nom de Thomas Scott. La violente réaction que l'exécution avait provoquée en Ontario obligea Riel à fuir pour sa propre sécurité. Il passa des années au Québec, en Nouvelle-Angleterre puis dans le Midwest américain. Bien qu'élu deux fois député au Parlement, il ne put jamais occuper son siège. Riel se lance dans l'enseignement et il rencontre une jeune métisse, Marguerite Monet, dite Belhumeur, qu'il épouse le 9 mars 1882. Pendant ce temps, au Canada, la vie des Métis n'est guère facile. De plus en plus de colons anglophones quittent l'Ontario pour s'établir au Manitoba. Ces nouveaux «Manitobains» veulent des terres et très souvent ils s'emparent des terres des Métis. Frustrées, de nombreuses familles métisses quittent le Manitoba et viennent retrouver les autres Métis qui tentent de se tailler une place le long des rivières Saskatchewan Sud et Nord. Batoche Le village de Batoche, fondé en 1871 par Xavier Letendre, dit Batoche, devient un centre commercial pour la région. Jean-Baptiste Boyer, Georges Fisher et Solomon Venne ouvrent des magasins pour faire concurrence à celui de Monsieur Batoche. Les oblats de Marie-Immaculée établissent une nouvelle paroisse à Batoche en 1881. Mais même dans la vallée de la Saskatchewan, les Métis ne réussissent pas à trouver la paix. Puisqu'ils ne peuvent pas obtenir les titres de leurs terres, ils commencent à envoyer de nombreuses pétitions à Ottawa, demandant le redressement des torts faits aux Métis du Nord-Ouest. Le gouvernement du Canada ne prête pas attention à ces réclamations. Les Métis organisent une série de réunions secrètes. Au printemps 1884, les Métis décident qu'ils ont besoin d'un homme comme Louis Riel pour mener leur lutte contre Ottawa. Une délégation est mandatée pour aller à Saint-Pierre au Montana, demander l'aide du fondateur du Manitoba. Gabriel Dumont est à la tête de la délégation qui arrive dans la vallée de la rivière au Lait le 4 juin. Ils rencontrent Riel à la porte de la petite église de la mission. Ils lui demandent de revenir au Canada pour les aider à formuler leurs pétitions et leurs revendications. Riel accepte. «Ah ! vous faites encore des assemblées ! C'est Riel et Dumont qui vous mènent ! Eh bien ! il y a en route cinq cents hommes de police qui les feront taire. Comme réponse à vos requêtes, ils ont des chaînes pour Riel, des balles pour les membres de son Conseil.» Ces propos sont attribués à Lawrence Clark, un agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson dans la région de Duck Lake. Riel décide alors de former un gouvernement provisoire, qui est créé le 18 mars 1885 à Batoche. Riel devient le chef politique et spirituel des Métis, tandis que Gabriel Dumont devient leur chef militaire. L'agression d'Ottawa Sachant que la RCMP et qu'une armée Canadian de 8 000 hommes marchent sur Batoche, Dumont veut aller à leur rencontre pour les harceler : voler les provisions et les armes, brûler le foin pour nourrir les animaux et les diriger loin de Batoche. Mais Riel ne veut pas voir couler le sang et c'est seulement lorsque l'armée arrive près de l'anse aux Poissons (Fish Creek), ou coulée des Touronds, qu'il accepte d'envoyer des hommes. Le 26 mars, quelque 300 Métis, dirigés par Riel, affrontèrent une centaine d'agents de la « Police montée du Nord-Ouest » et des volontaires, au Lac aux Canards, déclenchant ainsi la Rébellion du Nord-Ouest. Après la victoire des Métis au Lac aux Canards, Ottawa décide de lancer les militaires pour « rétablir la paix» dans le Nord-Ouest. Le général Frederick Dobson Middleton est nommé chef de l'expédition. Le détachement arrive à Qu'Appelle au début d'avril et commence une longue marche vers Batoche. La bataille de Fish Creek a lieu le 24 avril. Elle se termine par une autre victoire des Métis. Quelque 80 soldats métis arrêtent un groupe armé de plus de 1 000 hommes. Après la victoire, Dumont et ses hommes se replient sur Batoche. Procès bidon et assassinat de Louis Riel Ses avocats avaient plaidé l'aliénation mentale, mais le discours qu'il adressa au jury à la fin du procès n'était pas celui d'un fou. Son corps repose maintenant dans le cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface, au Manitoba. Lorsque Ottawa permit l'exécution de Riel, celui-ci ne cessa pas pour autant de jouer un rôle dans la vie du pays. Non seulement le débat sur les causes de la Rébellion se poursuit-il, mais Riel lui-même est devenu un symbole de résistance à l'impérialiste anglo-saxon. La constitution du Manitoba de 1870 prévoit l'égalité du français et de l'anglais pour la province et l'existence d'un système scolaire pour les franco-catholiques ; cela n'a jamais été respecté. En 1890, le gouvernement de Thomas Greenway va jusqu'à abolir le système scolaire des franco Manitobains. Jusqu'à ce jour, les francophones de cette province ont dû lutter sans cesse pour faire respecter leurs droits. Louis Riel leur sert toujours d'inspiration. Le procès et l'exécution de Louis Riel soulevèrent l'indignation et la contestation, particulièrement au Québec, durant la période d'Honoré Mercier.
Affiche d'époque sur la mort de Louis Riel (S.V.P. cliquer sur les images pour les agrandir)
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