Les Blancs, citoyens inférieurs au Québec?

L'Innu et le Blanc, deux citoyens chasseurs aux droits différents 

Monique Giguère
Le Soleil
Québec

NDLR Les italiques sont de nous

(Texte commenté par Jacques Poisson)

Les Blancs (Les Blancs, c'est-à-dire les personnes des autres races que la race rouge) vont devoir s'y résoudre. Les autochtones ont des droits qu'ils n'ont pas. En matière de chasse et de pêche par exemple, le Blanc et l'Innu sont deux citoyens différents. Cela vient de l'occupation antérieure du territoire par les autochtones. De leurs droits ancestraux (privilèges raciaux) reconnus par les tribunaux. (Les Blancs auraient moins de droits et plus de devoirs que les Indiens? Ce concept raciste ne peut qu'être une source perpétuelle de conflits. Il est temps de demander, par référendum, à toute la population ce qu'elle en pense.)

Membre du comité de juristes qui a rédigé l'entente de principe intervenue entre Québec (le gouvernement péquiste), Ottawa et les Innus, Me Jules Brière le confirme. «La Cour suprême a imposé des obligations à l'égard des autochtones en matière de chasse et de pêche. Ça fait de l'autochtone et du Blanc deux citoyens chasseurs qui n'ont pas les mêmes droits. C'est une réalité incontournable. Inévitable», explique Me Brière en entrevue au SOLEIL. (Selon nous, seul le peuple, par référendum, pourrait mandater le Gouvernement ou la Cour pour créer deux catégories de citoyens, catégories basées sur la pureté raciale et ethnique. Nous rejetons avec force toute discrimination fondée sur une soi-disant pureté ou priorité du sang.)

Il en va de même du droit à l'autonomie gouvernementale. Cela parce que nos ancêtres, dans leur façon de traiter avec les Indiens, les ont reconnus comme groupe organisé. «Les Britanniques ont accepté de les traiter comme société», constate Me Brière, d'où le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale reconnu dans la Constitution de 1982. (Les partis politiques du Québec ont toujours rejeté le coup de force de 1982. Jamais les Québécois ont demandé d'ajouter un autre ordre de gouvernement. Leur en imposer un, avec pouvoir de les taxer, serait anti-démocratique et devrait être considéré comme nul et non-avenu.)

Le Péquistan

L'imputabilité : une autre notion qui souffre trop souvent d'une interprétation erronée. On comprend généralement par là que les autochtones vont devoir rendre des comptes plus serrés aux Québécois, parce que l'argent sort de leurs poches. Erreur ! L'imputabilité n'est pas le droit des Blancs à mettre le nez dans leurs affaires. Les Indiens sont imputables, certes, mais à leur propre population. (Le principe de pas de taxation sans représentation devrait s'appliquer. C'est un des fondements même de la démocratie.)

«Parce que si on accepte l'idée que les Innus se gouvernent, ce serait une forme de tutelle que de leur exiger des comptes sur la façon dont ils dépensent l'argent», explique Me Brière, qui précise que, même sans droit de regard, le Québec continue de fixer les règles. Quant à savoir qui va vérifier le respect des normes, le juriste répond que les autochtones vont avoir accès aux tribunaux pour contester la légalité des décisions prises par leur gouvernement. (Seuls les Québécois devraient avoir le contrôle de leur argent.)

« Ce qu'il reste de commun avec tout le monde, ce sont les chartes des droits et les lois fédérales et provinciales », résume Me Brière. À l'exception, cependant, des domaines où les lois innues vont avoir prépondérance sur les lois québécoises. (Toutes les Chartes proscrivent la discrimination raciale et ethnique. Jamais nous n'accepterons que des lois étrangères n'aient prépondérance sur les lois québécoises au Québec.)

Pour le négociateur fédéral, André Maltais, la situation des autochtones peut être comparée à celle de certaines provinces canadiennes. «Il n'y a qu'à penser à Terre-Neuve, qui reçoit les trois quarts de son budget du gouvernement fédéral», donne-t-il à titre d'exemple. C'est vrai. Personne n'exige que les Terre-Neuviens se confessent sur la place publique. Mais ils paient des impôts. (Que les Terre-Neuviens s'occupent de leurs oignons et nous nous occuperons des nôtres. D'ailleurs, nous n'avons aucune leçon de démocratie à recevoir d'Ottawa.) 

Cela dit, il serait exagéré de conclure que les Innus vont pouvoir faire n'importe quoi, n'importe quand, n'importe comment dans Innu Assi, le territoire qui leur est reconnu en pleine propriété. Ou encore sur les 300 000 km2 carrés de Nitassinan, ce vaste territoire qui correspond, grosso modo, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, aux MRC Haute-Côte-Nord et Manicouagan et à la partie est de la MRC de la Minganie. «L'entente reconnaît que c'est le territoire où les Innus ont circulé de tout temps avant l'arrivée des Blancs. Ça n'en fait pas un territoire innu urbi et orbi, dit l'homme de loi. Ça n'en fait pas une réserve. Ni une enclave.» (Le projet de partition prévoit bel et bien l'agrandissement de la plupart des réserves innues-montagnaises. Cet apartheid amélioré proposé par Ottawa et le gouvernement péquiste doit être rejeté et combattu. Dans un pays normal, tous les citoyens ont les même droits et les mêmes obligations, peu importe leur ancienneté raciale ou ethnique. À bas les réserves et leurs privilèges.)

Tout cela additionné, les Innus vont quand même constituer une société à part. «L'autonomie gouvernementale des Innus, ce n'est ni analogue aux pouvoirs d'une province, ni analogue à ceux d'une municipalité. C'est quelque chose d'original. Un ordre de gouvernement sui generis créé en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Ce n'est pas un ordre de gouvernement prévu dans le système constitutionnel canadien», répète Me Brière. (Face à un changement aussi radical et absurde, les Québécois doivent pouvoir se prononcer par référendum. La question: «Êtes-vous pour la partition du Québec avec les Indiens?»)

Pas de surprise !

Mais il tombe sous le sens que si le Québec a choisi cette avenue avec les autochtones, ce n'est pas précisément pour leurs beaux yeux ni par grandeur d'âme. C'est parce qu'il y trouve son compte. (Un tel traité, sans l'accord du peuple, serait la plus grande fraude dans l'histoire du Québec.)

En fait, ce que le Québec cherche dans tout cela, c'est la certitude juridique. L'assurance de pouvoir continuer à développer son territoire sans constamment risquer le soulèvement d'une communauté ou une poursuite devant les tribunaux. En choisissant de reconnaître les droits ancestraux des Innus, y incluant le titre aborigène, le Québec se donne la possibilité d'en circonscrire la portée, d'en définir les effets et les modalités d'exercice, levant ainsi l'hypothèque sur son développement. (Seul le peuple québécois peut décider ce qui doit se passer chez-lui. Aucun tribunal ne lui est supérieur, aucun avocat et aucun gouvernement péquiste.)

«Le gouvernement a intérêt à ce que ces droits-là soient le plus possible connus, note le juriste. Intérêt à ce que les règles du jeu soient claires et précises pour l'avenir. De sorte qu'il n'y ait pas de surprise. C'est ça l'esprit de l'entente avec les Innus. C'est ça qui est nouveau.» (Les droits et les devoirs des citoyens au Québec me peuvent légitimement être établis que les Québécois eux-mêmes.)

Non moins important pour le Québec est que ses Premières Nations s'émancipent et sortent de leur situation de dépendance à l'égard des gouvernements. «L'entente leur fournit des instruments pour organiser leur développement, l'économie de leur communauté et, à terme, s'autotaxer pour financer leurs activités», indique le spécialiste en droit autochtone. (Le vocabulaire charriant les notions d'autochtones, de premières nations, etc., avec leur connotations racistes nous répugnent. Pour nous,

Me Jules Brière n'est pas homme à mélanger les pommes et les oranges. Il fait une nette distinction entre les différentes formules de financement prévues à l'entente de principe. Soit le transfert de capital de 377 M $, le fonds d'affectation non spécifiée de 16 M $, les ententes de financement pour la prestation de services et le fonds spécial de financement de 35 M $ auquel contribueront des investisseurs publics et privés.

«Le montant de 377 M $, c'est pour les atteintes aux droits des Innus. Pour les préjudices passés, corrige-t-il. Ce n'est pas une subvention, c'est une indemnité.» En fait, une compensation qui permettra au Québec en retour d'obtenir quittance pour tout dommage passé causé aux Innus. (Combien de milliards $ les Indiens nous doivent-ils pour tous les services gratuits qu'ils ont reçus et reçoivent encore: logements gratuits, éducation gratuite, soins médicaux gratuits, médicaments gratuits, police gratuite, tribunaux gratuits, avocats gratuits - payés par les contribuables-, etc. ?)

À ces montants s'ajoutent une part, non inférieure à 3 %, des redevances perçues par le Québec sur le développement des ressources naturelles du Nitassinan, deux ou trois pourvoiries à droits exclusifs pour chacune des quatre Premières Nations, ainsi que des volumes de bois et de puissance hydroélectrique. Ce que le négociateur provincial, Louis Bernard, appelle le «coup de pouce» nécessaire pour faire décoller l'économie innue et aider les communautés à prendre en main leur destinée. (Ces taxes raciales sont particulièrement honteuses.)

La mise en place de ces mesures s'applique aux quatre nations signataires du futur traité, indépendamment de leur niveau de développement socio-économique. Ça comprend Essipit, où les Innus sont réputés plus riches que les Blancs des Escoumins, le genre de situation «qui n'aide pas», laisse tomber Me Brière.

«Essipit et Mashteuiatsh dans une certaine mesure, ce n'est pas typique de l'ensemble des Innus. C'est l'exception», s'empresse d'ajouter le juriste, qui fait observer que la majorité des Indiens ne vivent pas dans des régions propices au développement. «Prenez la Basse-Côte-Nord, c'est tout autre chose. Il y a tellement de disparités entre les communautés», note-t-il. (Pourquoi traiter différemment les Blancs et la race rouge?)

Me Jules Brière est un homme de loi prudent. Quand on lui demande si l'entente avec les Innus écarte pour toujours les risques de recours devant les tribunaux, il répond qu'il n'y a  pas de certitude juridique absolue. Il n'y a qu'une sécurité raisonnable pour tout ce qui est connu et prévisible», dit-il. Le juriste réserve d'ailleurs son opinion. Il ne se prononcera pas tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas vu le traité.  Les écueils sont souvent dans les détails», prévient-il. (Un tel échafaudage raciste ne pourrait qu'engendrer des conflits interminables et croissants.)

Sans préjuger du succès de cette nouvelle relation Québec-Innus, le spécialiste en droit autochtone dit que c'est une entente honorable qui témoigne d'«une volonté de faire tout ce qu'on peut» pour placer les autochtones sur la voie du développement en respectant «leur manière d'être». (Oui au respect des Indiens. Non à la partition du Québec, sur une base raciale ou autre.)

Me Jules Brière en convient. Certains peuvent considérer que «c'est beurré épais». «Mais ça ne change rien de fondamental pour les Blancs», assure-t-il. (Il est faux d'affirmer que la création d'un nouvel ordre de gouvernement ne qui amènerait fatalement les 10 autres tribus indiennes à exiger leur propre partition. Nous rejetons la création d'un nouvel ordre de gouvernement au Québec, notamment celui qui est concocté avec les Indiens.

La création de gouvernements parasitaires basés sur la priorité raciale ou ethnique est une recette empoisonnée qui mène tout droit à l'affrontement et à des conflits internes dont le Québec pourrait bien se passer.)


Voir aussi :

Les Innus-montagnais

 

 

Accueil | Adhésion | Album photo | Annonces | Autres sites | Citations nationalistes | Défense et promotion du français | Documentation | Emblèmes du Québec | Estrie | Histoire du Québec | Indiens | La passion du Québec | Les mots qu'il faut | Patrimoine québécois | Patriotes | Paysages du Québec | Prix du MEF