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Briser
l'isolement de l'Outaouais |
Le vendredi 31 août 2001
POUR TOUT LE MONDE ?!
L’Outaouais oublié...
À la page 186 du rapport final Le français, une langue pour tout le monde de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue
française, les commissaires reconnaissent clairement la situation particulière de l’Outaouais. Ils insistent même pour dire qu’il faut «tenir
compte des disparités régionales» dans l’élaboration des «stratégies de francisation».
Traitant en une dizaine de lignes des particularités de l’Outaouais, à la page 186, ils démontrent avoir compris certains besoins de la région:
«Région frontalière avec l’Ontario, largement dépendante économiquement du
gouvernement fédéral et des entreprises ontariennes (près de 40 % des citoyens de l’Outaouais travaillent en anglais en Ontario), l’Outaouais est
un exemple de région à laquelle il faut accorder une attention particulière. Il faut appliquer à cette région des mesures qui convainquent tous les
Québécoises et les Québécois qui y vivent que le français y a le même droit
de cité qu’ailleurs au Québec. Ainsi, il faut sans doute voir à corriger le
sous-équipement chronique qui est le sien dans tous les domaines, mais en particulier dans celui de l’enseignement et de la culture. Il faut
reconnaître que l’absence de diplômes d’études secondaires chez 43 % des jeunes de 15 à 24 ans est catastrophique, car sur le plan linguistique et
culturel, ils doivent affronter des obstacles supérieurs à ceux de bien d’autres régions du Québec. Le Pontiac
est un autre exemple de région dont le portrait linguistique doit être établi et où des mesures doivent être prises
pour mettre fin à la perte d’influence et de prestige de la langue commune qu’illustre le fait que certains jeunes doivent fréquenter une école
ontarienne».
La seule et unique recommandation, la dernière des 149 recommandations du rapport, que font les commissaires à la suite
de ce constat particulier de la précarité de l’Outaouais est de proposer au gouvernement du Québec «que
les conditions du progrès de la langue officielle et commune soient répertoriées pour chacune des régions administratives du Québec afin de
servir à l’élaboration des stratégies linguistiques à venir». C’est bien
peu, vous en conviendrez ! Des constats, des analyses, des répertoires, des études, des rapports, des mémoires, des inventaires,
l’Outaouais en a déjà écrit et présenté plus d’un au gouvernement du Québec !!!
Nous voyons mal comment une telle recommandation pourra corriger pour l’Outaouais
le sous-équipement chronique qui est le sien dans tous les domaines, mais en particulier dans celui de l’enseignement et de la
culture. La situation linguistique et culturelle de l’Outaouais réclame bien plus qu’un autre répertoire, la langue anglaise récupérant, selon le
recensement fédéral, 100 % du solde des transferts linguistiques alors que la langue française est en perte nette de 6 % à cause de l’assimilation des
francophones.
Pour sa part, Impératif français avait proposé dans le volet outaouais de son mémoire diverses mesures, notamment :
- Le gouvernement du Québec doit augmenter de façon substantielle l’offre de
formation (post secondaire) en langue française dans l’Outaouais.
- Le gouvernement du Québec doit augmenter de façon substantielle l’investissement au titre de la culture en Outaouais.
- Le gouvernement du Québec doit briser l’isolement géographique de l’Outaouais, et du Pontiac en particulier, par l’établissement de liensroutiers adéquats.
-Il faut rapprocher le gouvernement québécois de l’Outaouais en s’assurant
que la région est bien représentée au sein de l’appareil administratif québécois et en installant en Outaouais certains organismes nationaux.
- Le gouvernement du Québec doit avoir un réel programme de développement régional pour l’Outaouais.
La question demeure entière : qu’entend faire « précisément » le
gouvernement du Québec pour l’Outaouais ? La rapport Larose n’y répond pas...
Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
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