Logo du MEF Émilie Gamelin

(1800-1851)

Mère Émilie Gamelin, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Providence

Une femme au coeur d'or

Émilie GamelinFigure dominante de la société québécoise, elle ouvre des maisons afin de donner asile aux vieillards et aux infirmes. L'oeuvre qu'elle dirigeait depuis 1830 fut transformée en institution religieuse. En 1843, la congrégation des Soeurs de la Providence était née. L'Institut a connu un développement remarquable au service des femmes âgées, des orphelines, des sourdes-muettes et des malades mentaux.

Nom à la naissance : Émilie Tavernier
Date de naissance : 19 février 1800
Lieu : Montréal
Père : Antoine Tavernier
Mère : Marie-Josephte Maurice

Monsieur et Madame Joseph Perrault, oncle et tante d'Émilie, l'adoptèrent à l'âge de quatre ans, au décès de sa mère. Ils demeuraient rue Saint-Vincent, à Montréal. Émilie vécut son enfance et son adolescence avec eux.

Émilie fut l'élève des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame à leur pensionnat de la rue Saint-Jean-Baptiste.

Une plaque commémorative, à l'angle des rues Le Royer et Saint-Laurent, rappelle que le couvent où étudia Émilie Tavernier fut le site de la première école de Ville-Marie fondée par Marguerite Bourgeoys.

C'est au numéro 3 de la rue Saint–Antoine que Madame Gamelin vécut ses années de vie conjugale, de 1823 à 1827. Son époux, Monsieur Jean-Baptiste Gamelin, y possédait un verger très productif. Madame Gamelin recueillit le dernier soupir de son époux et de ses trois enfants dans sa maison de la rue Saint–Antoine. L'emplacement se situe aujourd'hui à l'angle de la rue Saint-Félix, à l'arrière du Centre Molson. Dans cette maison Madame Gamelin recueillit, selon le désir de son mari, le pauvre handicapé mental Dodais et sa mère, inaugurant pour ainsi dire, l'œuvre des aliénés.

La femme de 1837

Madame Gamelin sollicite les autorités et obtient sans peine un permis général pour se rendre à la prison chaque fois qu'elle le désire. On la voit quotidiennement, ayant au bras un panier remplit de provisions (tabac, friandises...) et accompagnée d'une dame, qui est souvent madame Gauvin, la mère du docteur Gauvin (née Marguerite Barsalou). Les deux dames réconfortent les prisonniers et donnent des nouvelles aux familles.

Elles furent bientôt qualifiées d'« anges des prisonniers ». 

Plus tard Madame Gamelin fondera le couvent des Soeurs de la Providence.

Madame Gamelin chez sa cousine Agathe Nowlan

Sur la rue Sainte-Catherine, à l'angle de la rue Saint-Urbain, où s'élève aujourd'hui la Place des Arts, se trouvait la maison de Madame Agathe Perreault-Nowlan, cousine de Madame Gamelin chez qui Émilie a demeuré près de deux ans. Lors de l'épidémie du typhus en 1847, la maison de Madame Nowlan devint un véritable hôpital.

Cette Dame Nowlan a souvent participé aux grandes oeuvres charitables de Madame Gamelin, car, devenue veuve après un an et demi de mariage, elle s'intéressa aux pauvres jusqu'à sa mort, à l'âge de 85 ans. Lors de l'épidémie du choléra en 1849, la maison de Madame Nowlan devint à nouveau, un véritable hôpital.

Madame Gamelin et son premier refuge pour les pauvres

Situé à l'angle sud-ouest des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent, le premier refuge pour les pauvres de Madame Gamelin (1830) fut la conséquence d'un projet qu'elle caressait : ouvrir une maison pour les malheureux.

Pour y réussir, elle alla demander à Monsieur Fay, curé d'office de la paroisse, l'usage du bas de l'école. La première protégée fut une dame St-Onge âgée de 102 ans. À la suite de celle-ci, une dizaine d'autres furent successivement admises. Madame Gamelin voyait à ce que ses pauvres fussent bien soignées. Pour cela, elle venait deux fois le jour les visiter et leur faire une lecture.

Asile de la Providence

Historique :

Monseigneur Bourget désire assurer la permanence de l'oeuvre commencée par Madame Gamelin. Pour réaliser ce projet, lui, le premier, y consacra son temps, ses forces, toute sa personne, mû par son attachement à sa ville et à son Église. Il demanda et obtint que viennent à Montréal, les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul. Celles-ci ayant refusé plus tard, il fonda une communauté canadienne : les Filles de la Charité, Servantes des Pauvres.

Ainsi, le 25 mars 1843, fête de l'Annonciation, à la Maison jaune, Monseigneur Ignace Bourget célèbre la messe. Sept jeunes filles prennent l'habit de la novice de la Providence, après trois jours de retraite, de prières et de réflexion.

La construction de l'Asile de la Providence commencée en 1841 est terminée en mai 1843. 

Site : angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert (devenu le Parc Émilie-Gamelin)

Le 24 mai 1843, les novices et Madame Gamelin débutent leur oeuvre de bienfaisance à l'Asile de la Providence.

Monseigneur Bourget voulut qu'avant d'entrer, elle se rende à Emmitsburg chez les Filles de Saint-Vincent-de-Paul pour y recueillir une copie des règles de cette communauté. Mesdames Nowlan, Gauvin et Monsieur Paul Lacroix l'y accompagnèrent. Le voyage dura du 13 septembre au 6 octobre 1843. À son retour, le 8 octobre, Madame Gamelin prit l'habit des novices de la Providence.

Le 29 mars 1844, sept novices, dont Madame Gamelin, prononcent les vœux de religion : pauvreté, chasteté, obéissance et service des pauvres, dans la chapelle de l'Asile de la Providence.

Décès de Mère Gamelin

Mère Gamelin décède à l'Asile de la Providence, le 23 septembre 1851, âgée de 51 ans, victime du choléra.

Oeuvres fondées du vivant de Mère Gamelin

Au moment de sa mort, Mère Gamelin avait à son crédit des œuvres au bénéfice des personnes âgées, des orphelines, des sourdes-muettes, des prêtres âgés et infirmes, des victimes du choléra et du typhus, des malades mentaux, des écoles pour filles.

Maison mère de la rue Fullum

C'est le 8 juin 1888 que le nom de Maison mère fut transféré de l'Asile de la Providence, au 2311, rue Sainte-Catherine Est, au coin de la rue Fullum, à Montréal. De nombreuses recrues se succédèrent dans ce lieu de prière et de dévouement, jusqu'en 1962, année du déménagement à la nouvelle Maison mère de Cartierville.

Maison mère de Cartierville

La Maison mère actuelle située au 5655, rue De Salaberry, Montréal, fut inaugurée le 15 août 1962.

En plus du personnel, la Maison mère abrite le tombeau de Mère Gamelin et le Musée historique des Sœurs de la Providence.


Mère Émilie Gamelin a vécu à Montréal entre 1800 et 1851. Depuis mai 2000, une statue d'elle se trouve à la station de métro Berri-UQAM, située sur la place qui porte son nom.

Émilie Gamelin a été béatifiée le 7 octobre 2001


Références :

Les Soeurs de la Providence

Sur les pas d'Émilie

 

 

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