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Le « joual » à l'école Jeffrey George Le mercredi 5 janvier 2005 Bonjour à Monsieur Poisson et à tous les francophiles. J'aimerais réagir aux propos de Monsieur Poisson en ce qui concerne l'éducation au Québec et l'enseignement des langues (proposition #3). N.B. Mes commentaires suivent la proposition de Monsieur Poisson. Merci à l'avance et vive le français! Jeffrey
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DÉFIS DU FRANÇAIS AU QUÉBEC -------------------------------------------------------------------------------- 3- Éducation L'introduction de l'anglais obligatoire dès la première année du primaire et la multiplication des classes d'anglais intensif au primaire ne sont pas de nature à renforcer la langue française à l'école. Avant de poursuivre ces «expériences» sur le dos du français, une commission nationale d'enquête crédible sur l'enseignement des langues au Québec serait souhaitable. Le Gouvernement doit adopter des mesures efficaces pour renforcer le français en éducation, notamment en exigeant que les collégiens immigrants fréquentent des institutions francophones.
JEFF: J'enseigne l'anglais langue seconde dans deux écoles primaires de Montréal. Je suis d'accord que les cours de langues secondes devraient plutôt commencer au secondaire. Par contre, ce que je déplore avant tout dans nos belles écoles francophones c'est que la langue d'enseignement n'est pas toujours le français mais le joual!!! N.B. Selon le dictionnaire HACHETTE, « joual : Variété de français québécois caractérisée par un ensemble de traits phonétiques et lexicaux considérés comme incorrects. » J'entends régulièrement des instituteurs dire à leurs écoliers « Arraïte de pitcher des balles de naïge », « monter en haut », « lance pas d'efface », « va pas aux abreuvoirs », « vingt Z enfants », « ferme les lumières », « partir le char »... Le Québec est peut-être le seul endroit au monde où l'enseignement se donne en grande partie dans une langue vernaculaire et argotique! Voilà ce qu'on appelle du nivellement par le bas! Ici, je fais mention de la langue orale employée par un grand nombre d'enseignants et d'autres éducateurs dans nos établissements. La langue écrite y est aussi un désastre. Vous n'avez qu'à consulter quelques sites web d'école pour en avoir la preuve! _______________________________________________________________ Le « joual » est une sous-langue : il est, par nature, confusion, appauvrissement, privation, désagrégation. Le « joual », c'est le français parlé par un groupe linguistique dont la langue maternelle est gravement ébranlée par la proximité et la pression d'une langue étrangère, l'anglais. (...) le « joual », c'est le français ébranlé non seulement dans son articulation et son vocabulaire mais aussi, mais surtout dans sa syntaxe. P. CHAMBERLAND, Les Lettres nouvelles, 1967 ds R. HOLLIER, Canada, Paris, Éd. du Seuil, 1967, p. 183. |