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À McGill comme à Ottawa, ils sont morts de rire Le 24 avril 2001 L'été passé, les médias ont ressassé à satiété les événements d'Oka 1990. Depuis ce honteux chantage politique armé exercé pendant 78 jours par une poignée d'Indiens hostiles à tout ce qui est québécois, «ils sont morts de rire à Ottawa», concluait Denis Vaugeois dans une entrevue accordée au Devoir le 7 juillet 2000. On pourrait semblablement conclure: «Ils sont morts de rire à McGill» au sujet du financement des universités dont il fut question dans les médias le même jour. Cette université anglophone venait en effet de soutirer une subvention supplémentaire de 16 millions $ du ministre Legault prétextant de lointaines injustices. Injustices à l'endroit de McGill? Voyons voir (sans tenir compte du dernier gros lot universitaire fédéral versé à la même université par l'intermédiaire de Canada Foundation for Innovation: 67 millions $ ou 56 % des 120 millions $). Ce sont les universités francophones qui, faute de justice distributive, doivent se contenter de moins quand, quelques temps auparavant, la très grasse fondation de McGill s'est vu doter de 64 millions $ par un seul donateur qui y a poursuivi ses études. Les Québécois sont conscients que:
Et voilà que McGill, dont la fondation est beaucoup plus riche que celles de toutes les universités francophones réunies, réussit à culpabiliser le soumis ministre de l'Éducation au montant de 16 millions. Oui. Considérant la candeur de François Legault, il y a de quoi être mort de rire à McGill... dont la stratégie est copiée sur celle des Indiens (et des médecins): demander sans fin pour recevoir. À chaque fois, ça marche. Il y a toujours quelqu'un dans l'appareil d'État qui, servile et honteux, présumant des fautes collectives passées ou futures à expier, paie pour prévenir les accusations, naïvement heureux de ne pas déplaire aux maîtres abuseurs du système et des francophones en particulier. Il y a des limites à faire rire de soi par gouvernements et administrateurs interposés. Aujourd'hui, pourquoi le Québec finance-t-il toujours bêtement les études d'environ 35 % des étudiants de McGill, venus de l'extérieur? On sait qu'à la fin de chaque année universitaire, c'est plus de 30% des diplômés qui sortent du Québec sans y investir leurs talents. N'est-ce pas là le véritable exode des cerveaux aux dépens des contribuables québécois investissant à fonds perdus dans les universitaires ontariens et autres? Pensons à la grosse faculté de médecine de la même université McGill dont chaque futur médecin coûte au Québec environ 80 000 $ annuellement et dont les diplômés quittent chaque année le Québec à plus de 60 %. Compte tenu du pourcentage de la population québécoise anglophone, quelque 9 %, le supposé sous financement de McGill se transforme en immense sur financement. En effet, près de 25 % des subventions québécoises aux universités vont aux institutions anglophones, dont McGill. Et plus ou moins 40 % des subventions universitaires fédérales (anticonstitutionnelles) en territoire québécois, en provenance également de nos poches, vont aux mêmes universités anglophones. Sous le regard amorphe des directions universitaires francophones et de nos dirigeants politiques. Ce que les gouvernements donnent en surplus aux universités anglophones, ils en privent les universités francophones qui doivent répondre aux besoins 9 fois plus importants de la communauté francophone. «They are stupid those Quebecers», rigolent sûrement les administrations de McGill et également celles de Concordia et de Bishop's dont les étudiants hors Québec, financés par nos impôts, sont tout aussi nombreux (Bishop's : 68 %). À Toronto, les universitaires hors province ne dépassent pas 3 %. «Vous n'êtes pas tannés de mourir, bande de caves», a déjà écrit quelqu'un. Engoncés dans leur peur maladive de déplaire, le ministre Legault et notre gouvernement pensent peut-être «qu'on ne s'en aperçoit pas». À moins que l'aliénation soit totale, peut-on compter qu'ils compenseront le déséquilibre créé par les dons pseudo privés à telle et telle fondation universitaire? Peut-on compter qu'ils mettront un terme au recrutement systématique par les universités québécoises anglophones d'un surnombre de jeunes en provenance du reste du Canada - et qui y retournent en aussi grand nombre une fois diplômés - ceci obligeant les contribuables du Québec à payer sans retour les études supérieures à plus riches qu'eux comme les Ontariens et privant d'autant les universités francophones en raison d'une enveloppe budgétaire globale fixe et répartie proportionnellement aux inscriptions. Faire rire les autres n'est pas toujours drôle. Rodrigue Larose (819) 846-6392 490, rue du Mont-Girard sud, Saint-Denis de Brompton (Québec) J0B 2P0 29 juillet 2000 ______ N. B.: Dans ce texte, plusieurs traits d'union ont été supprimés en conformité avec les règles de simplification du français. |