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Les minorités réclament des services
de santé en français
Septembre 2000
Ébranlés par la quasi-fermeture de l'hôpital Montfort d'Ottawa, les groupes
minoritaires francophones exhortent le gouvernement fédéral à créer un programme spécial pour
améliorer l'accès aux services en français dans les hôpitaux.
Dans une lettre au premier ministre Jean Chrétien, le président de la Fédération des communautés
francophones et acadienne du Canada, Gino LeBlanc, exhorte M. Chrétien à faire preuve de
«leadership» dans ce domaine et à faire avancer ce dossier lors de la conférence fédérale-provinciale
qui aura lieu lundi (11 septembre 2000) à Ottawa.
«Ce leadership pourrait s'exercer par la mise sur pied d'un programme fédéral visant à améliorer l'accès
à des services de santé en français pour les communautés francophones en situation
minoritaire», écrit M. LeBlanc.
M. LeBlanc avance l'idée d'une enveloppe spéciale «réservée exclusivement au développement des
services de santé en français.» Ce serait un programme volontaire et non obligatoire, ce qui
«aurait l'avantage de minimiser les objections d'ordre constitutionnel». Par contre, si une province y participait,
elle devrait consacrer les fonds à l'amélioration des services en français pour les minorités
francophones.
«Comment qu'on s'assure qu'un gars comme Harris qui a voulu fermer l'hôpital Montfort va recevoir un
milliard$...et qu'il y ait un minimum qui soit réservé pour améliorer les services aux
francophones?», a indiqué M. LeBlanc lors d'une entrevue.
Dans sa lettre, M. LeBlanc fait valoir que l'accès à des services de santé en français est devenu
«un enjeu de premier plan» pour nombre de communautés minoritaires francophones.
«Dans trop de régions du pays, de tels services n'existent tout simplement pas alors que dans d'autres,
c'est l'existence même de services ou institutions dont certaines communautés se sont dotées qui a été
menacée par les restructurations des dernières années. Et pourtant, qui peut nier que la capacité de
communiquer dans la langue du patient fait partie intrinsèque de la qualité des soins de santé?»
Des discussions préliminaires ont déjà été entamées à ce sujet avec le ministre de la Santé, Allan Rock,
qui s'est montré ouvert à l'idée de créer un programme spécial destiné à l'amélioration des services en
français dans les hôpitaux provinciaux. «On pense que M. Rock trouve que ce n'est pas une mauvaise
idée.»
À cette fin, M. Rock a créé le Comité consultatif des communautés francophones en milieu minoritaire
coprésidé par le directeur général de l'hôpital de
Saint-Boniface, Hubert Gauthier.
Selon ce dernier, il est impératif de trouver des pistes de solution pour améliorer l'accès des
francophones hors-Québec à la santé.
«Quand tu es malade, tu ne fais pas la bataille des services en français, a-t-il précisé lors d'un entretien
téléphonique. Il doit y avoir une offre active de services.»
M. Gauthier a expliqué que le ministère de la Santé avait entrepris une étude pour identifier les besoins
en santé chez les minorités francophones. L'idée d'un programme fédéral-provincial axé sur des
services en santé en français fait son chemin mais «il est trop tôt pour parler de
chiffres.»
«M. Rock n'a pas créé ce comité s'il ne voulait pas voir de l'action», a-t-il conclu.
Voir aussi : Scandale dans le financement des hôpitaux
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