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La mise en boîte du français
Rodrigue Larose
Le vendredi 27 décembre 2002
Malgré les appels occasionnels à la qualité du français qu'on peut retrouver dans les pages éditoriales, le travail sournois de sape de la langue (abus de terminologie anglaise) se manifeste plus ou moins régulièrement à travers les pages de nos journaux francophones.
«La frénésie du Boxing Day», anticipe La Presse du 24 décembre. De son côté, La Tribune présume :
«La tradition du Boxing Day ne se dément pas». Par incohérence, le day durera trois jours, une semaine ou jusqu'à un mois, prévoient certaines publicités.
Pour désigner un phénomène commercial, voilà que nos quotidiens francophones du Québec, de concert avec des boutiques (comme Brault & Martineau, Beaucage Sherbrooke Honda, Relais Toyota, Décor NW, Centre Hi-Fi, Omer Desserres, Azure, Golf surface, Club piscine, Sports experts, Théâtre Saint-Denis, Photo A. Laplante)
travaillent, depuis nombre d'années au temps des Fêtes, à faire avaler aux Québécois une expression anglaise plutôt que française. Est-ce paresse, inconscience ou soumission au colonialisme anglo-étatsunien? Personnellement, ça m'éloigne.
Heureusement, contrairement aux journalistes qui privilégient Boxing Day, la majorité des commerces annoncés dans La Presse ou La Tribune (comme La Baie, Renaud-Bray, Archambault, Bureau en gros, Future Shop, Boutique de la mariée, La randonnée, Audio centre, les Ailes, Ogilvy, Dumoulin, Atmosphère, Fillion électrique) savent respecter la langue française et le sens des mots. Les expressions LIQUIDATION D'APRÈS NOËL, SOLDE D'APRÈS NOËL, GRAND MÉNAGE D'APRÈS NOËL, MÉGA SOLDE DE FIN D'ANNÉE, SOLDE D'APRÈS LES FÊTES, SOLDE DE JANVIER, etc. s'affichent de plus en plus chez les annonceurs.
Pourquoi pas LES BOÎTES EN FÊTE ou LA MISE EN BOÎTE (des consommateurs) pour traduire la journée bousculade du 26 décembre?
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