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Le dimanche 24 novembre 2002
La Journée nationale des Patriotes sera un
jour férié en mai chaque année a annoncé le premier ministre du Québec,
Bernard Landry, lors de la commémoration annuelle de la Rébellion de
1837-1838, à Saint-Denis-sur-Richelieu, en Montérégie.
Un décret en ce sens sera adopté
cette semaine par le Conseil des ministres. Traditionnellement désigné
sous le vocable de Fête de Dollard, la Journée nationale des Patriotes
sera célébrée le lundi précédant immédiatement le 25 mai.
Le
premier ministre du Québec, Bernard Landry, a fait son annonce à
Saint-Denis-sur-Richelieu
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«Comme il y a déjà cette journée qui est la
journée de la reine Victoria pour plusieurs au Canada, ça sera la Journée
nationale des Patriotes en devoir de gratitude et de mémoire pour ceux
qui nous ont donné notre démocratie», a déclaré le premier ministre
québécois.
Au Canada, chaque lundi précédant le 25 mai
est considéré férié, pour souligner l'anniversaire de naissance de la
Reine Victoria, le 24 mai 1819. Au Québec cependant, la fête de Dollard avait
été instituée le même jour en l'honneur de Dollard des Ormeaux, qui a
fait le sacrifice suprême pour sa patrie en 1660, repoussant une
agression iroquoise.
L'institution d'une Journée nationale des
Patriotes était une vieille revendication de militants indépendantistes
de l'Estrie.
«Ce jour férié soulignera la lutte des
Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple,
pour sa liberté politique et pour l'obtention d'un système de
gouvernement démocratique, a souligné M. Landry. Il rappellera notamment
les efforts de démocrates éclairés, de Daniel Tracy à John Neilson, d'Armury
Girod à Louis-Joseph Papineau.»
Le remplacement du jour férié de Dollard par
la Journée nationale des Patriotes a été motivé par l'existence d'événements
marquants de l'histoire du Québec à cette période de l'année, a-t-on
rappelé par voie de communiqué. Au mois de mai 1837, plusieurs assemblées
publiques ont eu lieu partout au Québec en réponse à la décision de
Londres de rejeter les revendications des Patriotes. Ces derniers réclamaient
principalement le contrôle du budget par les élus, l'électivité des
ministres et un gouvernement responsable.
Texte justifiant un jour férié en
l'honneur des Patriotes
La fête des Patriotes: le temps d'agir
Par Gilles Laporte, historien
Le samedi 10 novembre 2001
(extraits)
Depuis
maintenant
quatorze ans, le Club souverain de l'Estrie ainsi que d'autres organismes
comme la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal font la promotion d'un congé
férié consacré à commémorer le mouvement libéral et nationaliste des
Patriotes des années 1830. Cette coalition a ainsi constitué un dossier étoffé,
diffusé de l'information par tous les médias accessibles et suivi toutes les
voies démocratiques, allant de la pétition à la résolution votée à deux
reprises par le Congrès
national
du Parti québécois. Il s'agit, rappelons-le, que le troisième
lundi du mois de mai, dit fête de la Reine et désigné au Québec comme la
fête de Dollard, soit désormais reconnu comme jour
férié des Patriotes. Malgré tous les efforts déployés, l'imagination
mise en œuvre
et des compromis réalisés,
malgré aussi des promesses réitérées des instances politiques, il
reste que le gouvernement du Parti québécois n'a toujours pas entériné ce
projet. En tant qu'historien, je suis heureux de prêter ma voix à la démarche
engagée par le Club souverain de l'Estrie et l'alimenter de nouveaux arguments
tout en rappelant l'importance de disposer de jalons identitaires véhiculant
des modèles valables, en particulier quand ils sont inscrits au calendrier.
La fête de Dollard
C'est déjà ce que s'étaient dit des nationalistes québécois durant les années
1920 autour de l'historien Lionel Groulx. Ces derniers trouvaient alors
injurieux (nous dirions aujourd'hui inutile et sans fondement) de célébrer la
monarchie qui, apparemment, avait contribué à l'asservissement des habitants
du Québec. Le choix de Dollard correspondait alors à des conditions
historiques spécifiques qui allaient au-delà de simple coïncidence des dates.
Il est en effet attesté que seize hommes quittent Ville-Marie le 20 avril 1660
sous les ordres de Adam Dollard des Ormeaux à destination de l'Outaouais afin
d'y récupérer un lot de fourrures et y bloquer la route à un contingent
d'Iroquois qui menacent alors la Nouvelle-France. Des Ormeaux, ses hommes et
quelques alliés amérindiens s'installent dans un fortin de fortune au Long
Sault (Carillon) où ils subissent l'assaut des Iroquois plusieurs
jours durant et où ils périssent jusqu'au dernier.
Célébrer les Patriotes doit d'abord
consister à rappeler la lutte de démocrates éclairés, de Daniel Tracy à
John Neilson, d'Amury Girod à Louis-Joseph Papineau - d'un Irlandais à un
Anglais, d'un Suisse à un Bas-canadien - qui depuis l'implantation des
institutions parlementaires en 1791 et d'une presse d'opinion en 1807 ont lutté
pour les droits de la majorité, dont celui du peuple à se gouverner lui-même.
La palette des revendications allait bien
au-delà de la simple volonté autonomiste et embrassait des revendications
aussi fondamentales aujourd'hui qu'en 1837. C'est cette lutte démocratique et
populaire, à la fois intensément et largement menée par tout un pan de la
société d'alors, qu'il importe de célébrer.
Or, l'acteur essentiel de la lutte patriote,
son héros dirions-nous, c'est bien la population elle-même qui, comme à aucun
autre moment de l'histoire du Québec, s'est alors passionnée pour la politique
et la conquête de droits démocratiques.
Les assemblées des Patriotes
Ces assemblées sont en fait une réponses
aux dix résolutions de Sir John Russell, votées à Londres le 6 mars1837, et
qui opposent une fin de non recevoir aux trois principales revendications
patriotes: non au contrôle du budget par les élus, non à l'électivité des
ministres, non au gouvernement responsable. C'est la première réponse en vingt
ans aux doléances des Québécois et elle est cinglante. La nouvelle du dictat
traverse l'Atlantique comme un ouragan et les assemblées dites anti-coercitives
vont s'engager comme un raz-de-marée. Des milliers de personnes vont donc se
retrouver à Saint-Ours (Richelieu) dès le dimanche 7 mai pour dénoncer les Résolutions
Russell et notamment appeler au boycottage des produits anglais et encourager le
peuple à la résistance. Le lundi suivant, le 15 mai 1837, pas moins de trois
assemblées se tiennent à Québec, Saint-Marc (Verchères) et surtout à
Saint-Laurent (Montréal) où Louis-Joseph Papineau annonce que «La
circonstance nouvelle c'est que le parlement britannique prend parti contre nous
puisque le gouvernement persécuteur repousse toutes et chacune des réformes
demandées. […] Désormais, toutes les colonies anglaises ont les motifs les
plus urgents d'avancer l'heure de leur séparation et il faut que nous soyons tôt
ou tard prêts à prendre ce que la main de fer du pouvoir veut nous arracher».
Cette fête des Patriotes que je suggère célèbrerait
les grandes assemblées du printemps de 1837, expression démocratique et
pacifique d'origine populaire, et tenues à l'échelle de tout le Québec actuel
et pas seulement - comme les batailles - dans la seule région de Montréal.
Cette fête respecte toutes les conditions d'ouverture, en particulier en
mettant de l'avant des valeurs universelles, tout en invitant à s'impliquer
personnellement et collectivement dans leur préservation. Elle devrait se tenir
le troisième lundi du mois de mai, en lieu et place du jour de la Reine
Victoria.
Le texte de Gilles Laporte est tiré du site
Les
Patriotes de 1837-1838
Commentaires
Le MEF est heureux de cette décision du
gouvernement du Québec. Le MEF demande toutefois que Dollard des Ormeaux
continue d'être honoré avec les autres Patriotes qui ont donné leur vie
pour le Québec.
Voir aussi :
Dollard des Ormeaux
Je me souviens de nos Patriotes
Les Patriotes à quoi ça
sert ?
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