Toute langue et toute culture méritent autant de respect que les espèces animales et végétales

Résolutions de l'AIDLCM

Texte communiqué au MEF par M. Jacques Bergeron

jacberger@yahoo.fr

Le mercredi 30 juillet 2003

 

Chers amis,

J'ai le plaisir de vous transmettre ci-dessous deux résolutions adoptées par le Congrès de l'AIDLCM.

Je vous en souhaite bonne lecture.

Jean-Louis Xhonneux

 

Le XXIème Congrès de l'Association Internationale pour la Défense des Langues et Cultures Menacées (A.I.D.L.C.M.), réuni à Torre Pellice (Piémont - Italie) du 25 au 27 juillet 2003,

ayant entendu le rapport de Jean-Louis Xhonneux, a adopté une série de résolutions et notamment celle-ci qui concerne plus spécifiquement les Fourons,

constate

que l'assemblée du Conseil de l'Europe a approuvé le rapport de Mme Nabholz sur les minorités linguistiques en Belgique 

que les Francophones de la commune des Fourons sont notamment une des minorités dont la protection est demandée ;

que la population locale francophone des Fourons continue à subir les brimades de l'autorité locale et des autorités supérieures (province du Limbourg et la Région flamande) qui se basent pour cela sur les circulaires Martens, Peeters et Vandenbrande, déjà dénoncées, mais toujours en application ;

dénonce  

les manœuvres de la majorité communale des Fourons visant à concéder la télédistribution à une société flamande qui limitera l'offre de programmes en française, atteinte grave à la liberté d'information que subissent déjà les Francophones de la périphérie bruxelloise ;

exige

le retrait immédiat des circulaires Martens, Peeters et VandenBrande qui ne sont que des mesquineries linguistiques exercées à l'égard de la population francophone ;

la ratification par la Belgique, ses Communautés et ses Régions, de la Convention-cadre européenne pour la protection des minorités nationales.

Il a aussi adopté la résolution générale suivante:

Le XXIème Congrès de l'Association Internationale pour la Défense des Langues et Cultures Menacées (A.I.D.L.C.M.), réuni à La Tour/Torre Pellice (Piémont - Italie) du 25 au 27 juillet 2003, sous la présidence de Paul Lefin, travaillant dans l'esprit qui est le sien depuis sa création en 1964,

Toute langue et toute culture issue de cette langue ont une valeur en soi et méritent d'être respectées. Mais au-delà de leur valeur propre, elles sont l'expression originale et spécifique d'un groupe humain qui mérite également le respect et la protection. La défense et la promotion de toute langue et de toute culture relève de l'action en faveur des droits de l'homme et des peuples.

Ce souci est essentiel, alors que, comme des espèces animales et végétales, des langues et des cultures disparaissent chaque année. Au cours du XXIème siècle, l'accélération de l'histoire, la mondialisation, la rapidité des changements technologiques et médiatiques, vont plus que jamais favoriser en tous domaines, les plus grands et les plus forts aux dépens des plus petits et des plus faibles.

L'A.I.D.L.C.M. constate en outre l'importance accrue des institutions supranationales dans la coordination des tâches des États et la promotion du progrès social et culturel.

 

  1. Elle invite donc instamment les États défaillants à ratifier les conventions du Conseil de l'Europe sur la protection des langues minoritaires et sur la reconnaissance des minorités.
  2. Quant à l'Union européenne, le passage progressif de six à vingt-cinq membres – demain – et de douze à vingt langues officielles comporte des risques, non seulement pour les langues peu répandues mais aussi pour les langues de grand rayonnement menacées comme langues de travail par le courant du tout à l'anglais parfois méprisant.
    L'A.I.D.L.C.M. s'adresse donc aux autorités des institutions de l'Union européenne et en particulier aux membres de son Parlement pour qu'ils donnent priorité à la recherche de moyens intellectuels et financiers afin de faire une place adéquate dans son fonctionnement et ses publications à toutes les langues des États membres selon leur importance dans l'Union. Les silences du projet de Convention sur les politiques régionales et linguistiques de l'Union élargie doivent être comblées.
  3. Les peuples, en particulier les plus faibles, ont besoin comme de pain d'accompagnement artistique et culturel, or la protection des langues et cultures menacées concerne tous les niveaux de pouvoir. L'A.I.D.L.C.M. les invite donc tous, de la commune à l'Europe et à l'O.N.U., à soutenir, moralement et matériellement, leurs créateurs et leurs groupes de chant, de danse, de musique, de théâtre, etc.

 

Jean-Louis XHONNEUX

 

 

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