L'U. de M. se veut plus « conviviale » pour les anglos

Le mercredi 23 octobre 2002

Le rectorat de l'Université de Montréal étudie la mise en place de diverses mesures visant à « rendre le campus plus convivial pour les étudiants dont la langue maternelle est l'anglais », a indiqué hier Sophie Langlois, attachée de presse de l'institution.

« L'Université de Montréal est la seconde université en importance au Canada, en matière de fonds de recherche, de nombre d'étudiants et d'accueil d'étudiants étrangers, et pourtant nous recevions l'an dernier à peine plus d'étudiants de l'Ontario que de la Chine. »

En effet, avec 2% d'anglophones et 8% d'allophones parmi ses 13315 nouveaux inscrits au premier cycle, à l'automne 2001, l'Université de Montréal est loin de ses pendants anglophones, qui courtisent les étudiants issus de « l'autre solitude » depuis longtemps, avec succès.

Histoire de remédier à cette situation, l'institution dont la politique linguistique dit qu'elle entend « jouer un rôle exemplaire en faveur de la langue française, langue officielle et langue commune du Québec, dans le respect des autres langues, lorsque les circonstances motivent leur emploi », pourrait entre autres choses permettre aux anglophones de remettre travaux et examens en anglais, ce qui ne se fait à l'heure actuelle qu'aux cycles supérieurs. « Ces mesures devraient être annoncées bientôt », a indiqué Mme Langlois.

Le président du Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal, Louis Dumont, confirme le fait que «la politique linguistique est actuellement débattue en assemblée universitaire», mais soutient que ces discussions visent surtout à « réagir à l'invasion de l'anglais » dans l'université.

Ainsi, selon M. Dumont, les professeurs anglophones embauchés à l'Université de Montréal auront désormais à prouver, au bout de trois ans, qu'ils ont une «connaissance suffisante du français» pour garder leur poste.

Quant à l'accueil d'étudiants dont la langue d'usage n'est pas le français, « c'est une problématique criante au baccalauréat », admet le président du syndicat. « Il reste que je ne suis pas certain qu'accepter que les étudiants fonctionnent en anglais soit leur rendre service, note-t-il. Bien que l'Université doive s'ajuster au milieu multiethnique dans lequel elle se trouve, si les gens y viennent, c'est généralement parce qu'ils sont attirés par le fait français. »

À l'Université du Québec à Montréal, où 193 étudiants -soit 0,5% du nombre total- avaient pour langue maternelle l'anglais en 2000-2001, « les travaux doivent être remis en français », dit Huguette Lucas, agente d'information. Quelques ententes à l'amiable y sont toutefois tolérées.

21% de francos à McGill

La situation est bien différente à McGill, « où les étudiants peuvent rédiger leur travaux et examens en français depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », indique Anne-Marie Bourdouxhe, relationniste. « C'est entré dans les moeurs. »

Et ça marche, puisqu'en 2001-2002, l'université anglophone accueillait 21% d'étudiants dont la langue maternelle est le français. « Notre objectif est de voir les francophones constituer le quart de nos effectifs », souligne Mme Bourdouxhe. Pour ce faire, un First Year and Francophone Students Office (Bureau des étudiants de première année et des francophones) a été créé afin d'offrir références et ateliers aux francos. « Il y a quelques années, on disait que pour trouver des francophones à McGill, il suffisait d'entrer dans les toilettes où ils allaient pour pleurer (sic), affirme la relationniste. C'est maintenant du passé. Être francophone, ce n'est plus du tout exotique à McGill. ».

Source de l'information : La Presse


Voir aussi :

Universités anglaises du Québec: anglicisation et injustice

Le français en éducation

 

 

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